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Posted By Tanavolahy Sambava

Singulière a été cette année 2015 pour la vanille malgache pour plusieurs raisons qui ont toutes contribué à une hausse exceptionnelle du prix.
D'abord, à tort où à raison, depuis l'année dernière, on soupçonne une grande opération de blanchiment d'argent de la part des trafiquants de bois de rose qui, pressés par une possible changement des billets dans un avenir proche,  investissent massivement dans cette denrée très recherchée pour ensuite revendre leur stock volontairement à perte pour avoir  ainsi le justificatif d'origine des fonds exigé par les banques. Devant les paysans qui hésitent encore à vendre leur produit dans l'attente d'un meilleur prix, ils n'hésitent pas à surenchérir jusqu'au double du prix proposé par les acheteurs traditionnels. De 30 000 Ar au départ, le prix des gousses vertes est monté en quelques jours à 50 000 Ar voire beaucoup plus.  
La saison précédente  s’est terminée par un prix des gousses sèches de 300 000 Ar.
Devant ce phénomène qui ne fait que leur bonheur, les paysans y voyant leur souhait quotidien se, unanimement reprennent avec enthousiasme cet état d'esprit qui  a toujours singularisé les producteurs de vanille: "attendons encore, ça va venir, ça va venir,...le prix maximum". Mais quel prix maximum…?
Un autre phénomène n'a pas manqué d'entrer en jeu: le procédé sous-vide qui a la vertu (théorique du moins) de conserver le produit en même temps que d'empêcher le poids de diminuer. Une aubaine pour les paysans. Autant en profiter au maximum: ne plus sécher pour garder le maximum de poids et attendre que le prix soit au summum pour vendre.  Malheureusement, il y a pire. 80% des opérations « sous-vide » effectuées par les paysans font recours à un procédé artisanal devenu à la mode : l’équipement utilisé est en fait formé par la combinaison d’un aspirateur de ménage à une élémentaire soude-plastique. En fait de sous-vide, l’emballage n’est qu’une simple mise en sachet. Ce qui n’empêche pas les produits de s’altérer gravement à la longue. Et quand on constate que plus de 60 de la production de Sambava subit un tel traitement...séchage traditionnel au soleil
 


 
Posted By Tanavolahy Sambava

Les acheteurs traditionnels ont sûrement prévu un démarrage de saison des gousses sèches à 100 000 Ar le kg… Sauf que le summum suit aussi la tendance.
La saison 2014 s’étant terminée à un prix de 300 000 Ar, alors les paysans rêvent de vendre leur produit mis sous-vide avec 80% de taux d’humidité au même prix : partout dès qu’un acheteur potentiel demande un prix, on répète : « 300 000 Ar »…pour des gousses à peine sorties de l’étuvage. Ce qui revient à acheter les sèches à 700 000 Ar au moins. Mais mystérieusement, il a été vérifié qu’effectivement il y en a qui ont pu vendre leur « pôtsa » à 300 000 Ar le kg. Le  bruit n’a pas manqué de courir dans tous les villages. « C’est parvenu à 300 000 Ar ? Alors attendons, ça va venir, ça va venir…le 400 000 Ar le kg. » Et le cycle s’affole : Maintenant on rêve de vendre à 400 000 Ar le kg...
Et pour couronner le tout, une baisse de floraison est constatée cette année et les gousses sèches, saines et commercialisables se font rares même en cette proche de la période habituelle de clôture de campagne.
Beaucoup de grandes sociétés traditionnelles d’exportation de vanille qui ont tenté de faire  pression sur le prix ont fini par céder pour acheter les rares produits sèches à 350 000 Ar le kg tout-venant. Et le prix semble maintenant se stabiliser là.

pôtsa (gousses non séchées)
 

Mais quand on s'apperçoit que plus de 60% de la production de vanille de Sambava cette année subit ce traitement du sous-vide artisanal, qu’en sera-t-il de la qualité de la vanille de Madagascar en général ?